Réponses de professionnels de la généalogie

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Un généalogiste familial, membre de la Chambre des Généalogistes Professionnels, vous conseille sur la manière de résoudre un problème que vous avez déjà rencontré ou que vous êtes susceptible de rencontrer au cours de vos recherches, et dans votre généalogie. Seules les questions ayant un réel intérêt général sont traitées. Pour les cas personnels, veuillez vous adresser directement aux généalogistes professionnels depuis leur site Internet, ils vous établiront un devis.
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Recherches en Russie avril 2007

Question de Mme Meilhac :

Je suis bloquée depuis des années du côté de ma mère. Sa grand-mère Rifka Davidoff est née à Minsk en Bielorussie vers 1869. Par contre je sais de manière certaine qu'elle est décédée le 22 janvier 1937 à Moscou.
J'ai essayé en vain d'obtenir son acte de décès. A une personne qui est allée aux archives de Moscou il a été répondu qu'il fallait l'autorisation de son lieu de naissance !! Sauf que maintenant c'est un autre Etat et qu'on ne connaît pas sa date ni vraiment son lieu de naissance. Situation ubuesque ou kafkaïenne ?
Comment et auprès de qui puis-je obtenir une copie de cet acte de décès ? Si vous m'aidiez à trouver cette information vous feriez de ma mère qui sait si peu sur ses origines une femme heureuse pour ses derniers jours et vous me permettriez de continuer à reconstruire ce fil rompu !

Réponse du professionnel :

Obtenir des actes de Russie est effectivement compliqué. Vous pouvez essayer de faire votre demande par l’intermédiaire du Consulat de Russie le plus proche de votre domicile.
Vous pouvez aussi essayer de contacter les organismes suivants :
la Federal Archival Agency à Moscou (www.rusarchives.ru) ou la Russian Society of Historians and Archivists (ROIA) (www.vestarhiv.ru).

Si les enfants de la grand-mère de votre mère ont été naturalisés français, peut-être pourrez-vous trouver des informations supplémentaires sur elle dans leurs dossiers de naturalisation. Ces documents sont souvent une source intéressante qui permet notamment de contourner les blocages liés à la difficulté d’obtenir des actes originaux restés dans les pays d’origine.

Membre de la Chambre des Généalogistes Professionnels

Ancêtre gendarme mars 2007

Question de Mme Haubensack :

Je fais une recherche sur mon grand-père paternel, Louis Guyot, pour lequel je ne connais pas ses dates et lieu de naissance. Peut-être Chalon-sur-Saône ?
Il était gendarme à Dompaire (Vosges) quand ma mère est née le 27 juillet 1899. Il était décédé le 21 novembre 1902, à la naissance du frère de maman. Comment puis-je trouver une piste ?

Réponse du professionnel :

Avez-vous pensé à contacter les archives de la gendarmerie qui, si mes souvenirs sont bons, se trouvent à Le Blanc ? Il vous faudra sans doute passer par la gendarmerie de Dompaire pour en savoir plus.

J’ai déjà eu affaire à un tel cas. Je suis passé en premier par la gendarmerie du lieu qui m’intéressait en leur exposant mon cas le plus précisément possible.

J’ai fait ensuite un courrier, sur leurs conseils, au Procureur de la République du département qui m’intéressait. C’est lui qui a ensuite écrit aux archives de la gendarmerie.

Stéphane Cosson
Membre de la Chambre des Généalogistes Professionnels

Mort suspecte en Algérie mars 2007

Question de Mme Lebrette :

Un membre de ma famille a été trouvé mort dans un canal avec une sacoche pleine d'argent et un pistolet en Algérie, en 1925. Comment puis-je faire pour retrouver sa date de décès ?
Il travaillait dans une entreprise de travaux publics où il payait les ouvriers, ce qui explique la sacoche et le pistolet.
Je connais son nom, sa date de naissance, le nom de son épouse.
Je suppose qu'après cette mort suspecte il y a dû y avoir un procès, mais où ?
Merci de me donner une piste.

Réponse du professionnel :

Je suppose qu’une telle affaire a dû faire grand bruit à l’époque. Avez-vous pensé à rechercher les journaux algériens de l’époque ? La recherche de ceux-ci ne sera pas simple, je vous l’accorde.

Mais il existe normalement dans toutes les médiathèques un outil qui permet de retrouver facilement les journaux et leur lieu de conservation (Aix-en-Provence peut-être pour les journaux algériens ?).

En dépouillant ceux-ci de manière systématique, vous devriez pouvoir retrouver une piste. Cela sera long mais sans doute profitable.

Ensuite, à mon avis, vous devriez pouvoir retrouver les archives du procès. Aux Archives Départementales, elles se trouvent en série U (si c’est pareil pour l’Algérie).

Stéphane Cosson
Membre de la Chambre des Généalogistes Professionnels

Service de Hypothèques mars 2007

Question de Mme Newton :

Je fais des recherches sur ma famille et, dans le cadre du règlement de la succession de mes grands-parents, je me heurte à l'incompétence du service des archives des hypothèques.

En effet j'ai les références de certains documents mais lorsque je fais une réquisition ils me disent qu'ils ne trouvent rien. En plus ils ont pris 6 mois pour donner une réponse pareille. Je suis vraiment découragée !

Pouvez-vous venir à mon aide, je ne sais plus quoi faire ni à qui m'adresser ?

Réponse du professionnel :

Ce que je peux vous conseiller tout simplement, si vous avez un conflit avec une administration, c’est de contacter le délégué départemental du Médiateur de la République.

Vous pouvez appeler la Préfecture de votre département pour obtenir un rendez-vous avec lui.

Allez-y avec tous les documents concernant cette affaire, expliquez-lui votre cas et c’est lui qui fera l’interface entre l’administration et vous.

Surtout, ne lui cachez aucune information à ce sujet.

Stéphane Cosson
Membre de la Chambre des Généalogistes Professionnels

Archives détruites à Yvetot février 2007

Question de M. Langlois :

Je demeure au Québec (Canada) et je recherche des informations sur mon ancêtre et ses origines.
Il serait né en 1641 et est arrivé au Canada en 1665. Il se nommait Nicolas Langlois. Il venait d'Yvetot (76) Normandie.
Je cherche à obtenir de l'information sur ses ascendants et sur Yvetot dans les années 1600.
J'ai lu que le village d'Yvetot aurait été brûlé à quatre reprises dans ces années, donc les archives n'existeraient plus. Qu'en est-il ?

Réponse du professionnel :

Yvetot a effectivement connu des périodes troublées durant lesquelles plusieurs incendies ravagèrent la cité, notamment aux 16ème et 17ème siècles (en particulier en 1589 et 1676).

Le plus important date du 20 août 1688 et est donc postérieur à la période au cours de laquelle votre ancêtre y demeurait.

Les registres paroissiaux, qui ont été conservés mais présentent sans doute quelques inévitables lacunes, débutent en 1552. Un certain nombre de mariages de porteurs du patronyme Langlois ont été célébrés à Yvetot, dont le plus ancien remonte à 1651.

Ayant moi-même une partie de mon ascendance à Yvetot, je peux vous dire que les archives notariales sont une source particulièrement riche pour compléter les informations qui feraient défaut dans les registres paroissiaux.

Enfin, du fait du statut particulier d'Yvetot (elle fut une petite royauté, puis une principauté jusqu'à la Révolution), ses habitants bénéficièrent d'exemptions. Ils n'étaient ainsi pas soumis au paiement de la taille.

Bien cordialement,

Membre de la Chambre des Généalogistes Professionnels

Procès en sorcellerie janvier 2007

Question de M. Gascard :

Où trouver un acte relatant les minutes d'un procès en sorcellerie ?
Une de mes ancêtres a été brûlée comme sorcière le 25 avril 1622 à Badonviller (54).
Cette date m'a été rapportée par de nombreux descendants de cette personne, ainsi que dans des écrits généalogiques, mais aucun n'est capable d'indiquer un acte sur lequel est porté cet évènement.

Réponse du professionnel :

Je vais me servir pour vous répondre d'un article paru dans une revue dans le Tarn, bien éloigné donc de Badonviller, article rédigé par l'archiviste départementale à l'époque.
Dans cet article, elle parle des secrets d'une sorcière, brûlée à Labruguière, dans le sud du Tarn, en 1485. Je vous ai mis en gras ce qui me paraît important pour votre ancêtre.

Mais d'abord, qu'est-ce qu'une sorcière ? Selon la définition du XVe siècle, c'est une femme qui a fait un pacte avec le diable pour opérer des maléfices.

Le procès de cette sorcière est rédigé sur un long rouleau de parchemin de 3 m 30 de long, comprenant 5 peaux cousues les unes aux autres, conservé aux AD du Tarn sous la cote E 187. La procédure a été recopiée en 1504 par un notaire de Sorèze (autre lieu du sud du Tarn) afin de servir de preuve du droit de haute justice exercé par le seigneur. La haute justice est habilitée à juger, en première instance, les crimes de sang. On peut parler de "justice ordinaire".
Supplice exemplaire, le bûcher d'une sorcière restait dans les mémoires et servait de repère chronologique quand un seigneur justicier faisait appel à témoins pour prouver qu'un territoire donné relevait bien de sa juridiction.

Avant le procès, il a été menée une information secrète par deux notaires. Il s'agit d'une procédure empruntée par la justice civile à l'Inquisition. Elle se fait à l'insu de l'accusé. Quand la sorcière, ou présumée telle, est arrêtée, elle ne sait pas pour quelle raison. Elle est alors conduite en prison ou, s'il n'y en a pas, au château où elle attend d'être jugée.

Comment se passe le procès ?

Première décision de justice : la confiscation des biens de la sorcière au profit des seigneurs. Ensuite le procès public commence. L'accusée est obligée de répondre et est interrogée sous serment devant le tribunal sur chaque article de l'accusation. Il faut savoir qu'à l'époque, les juges parlent latin qui est une langue incompréhensible pour les accusées. Ces dernières parlent leur langue locale. Ainsi la sorcière brûlée à Labruguière, dans le Tarn, ne parle et ne comprend que l'occitan. Il y a donc une différence culturelle entre les juges et l'accusée. C'est important de le souligner. La sorcière ne comprend donc pas souvent de quoi elle est accusée, et même si on lui donne des explications compréhensibles pour elle, comment peut-elle tout retenir du réquisitoire des juges ? La sorcière dispose bien d'un avocat (un notaire ici) qui a le réquisitoire par écrit, mais cela ne l'aide pas beaucoup. C'est pourquoi elle est souvent condamnée à être brûlée vive.

Dans le cas de la sorcière de Labruguière, au fil des interrogatoires, on se rend compte qu'il s'agit en fait d'une guérisseuse, pauvre, veuve et étrangère au village (donc sans parents pour la défendre, ses enfants étant du côté du seigneur) qui est brûlée comme sorcière.

En bref, pour trouver le procès de votre ancêtre, recherchez dans la série B (qui est la série de la justice sous l'Ancien Régime) aux Archives Départementales la haute justice dont dépendait Badonviller. Vous devriez y trouver des traces du procès.
Sinon, la série E, comme dans le cas du procès dont je parle plus haut, peut aussi donner une trace. Dans ce cas-là, il vous faudrait savoir à quelle seigneurie Badonviller appartenait. Les archives judiciaires de cette seigneurie peuvent être conservées avec les papiers de la seigneurie.
A la rigueur, si vous arrivez à connaître le nom des juges, avocats et autres, comme il s'agit de notaires le plus souvent, recherchez si dans leurs minutes vous n'en auriez pas des traces.

Bon courage dans vos recherches.

Stéphane Cosson
Membre de la Chambre des Généalogistes Professionnels

Changement de nom janvier 1970

Question de Denis Vierne :

Un de mes ancêtres, Alain Thaboré, a eu des enfants avec Jeanne Le Balch de 1841 à 1852 dans les communes de Fouesnant et Gouesnarch dans le Finistère. Je n'arrive pas à trouver son acte de mariage. Par contre, j'ai trouvé à Ergué Gabéric le mariage d'Alain Le Tabodec et Jeanne Le Balch le 2 juillet 1837.

Une transformation de nom de "Taboré" en" Le Tabodec" est-elle envisageable ?

Réponse du professionnel :

En principe, une fois l’état civil établi, l’orthographe des patronymes s’est stabilisée. Toutefois, une différence orthographique est toujours possible entre les documents, en particulier lorsqu’ils ont été établis sur le seul fondement d’une information orale : l’officier d’état civil a alors écrit ce qu’il entendait, d’autant plus si les déclarants n’étaient pas en mesure de l’éclairer. 

Pour vous assurer de la bonne orthographe, vous pouvez vérifier celle utilisée dans d’autres sources : contrat de mariage, éventuel recensements de population…

Membre de la Chambre des Généalogistes Professionnels