Comprendre la généalogie

Les types de noms de famille

Les patronymes peuvent se regrouper en quatre grandes catégories, auxquelles s'ajoutent les matronymes et quelques cas particuliers.

Les noms de baptême - Les noms d'origine géographique - Les noms issus de métiers - Les noms issus de sobriquets - Les matronymes - Cas particuliers

Noms de baptême

Noms du chef de famille d'origine, en France, comme dans la plupart des pays, ils constituent la majeure partie des patronymes (Martin, Bernard, Thomas, etc.).

Nom de baptêmeLa construction était simple, on passe d'une structure Charles fils de Bertrand à Charles Bertrand, dont le fils et les descendants s'appelleront Hector Bertrand puis Gilbert Bertrand, etc.

Dans la plupart des pays d'Europe, les patronymes les plus fréquents sont des noms indiquant la filiation d'un fils à son père, reconnaissables à travers l'utilisation de certains préfixes ou suffixes signifiant "fils de".
Quelques exemples :
Robertson dans les pays anglo-saxons, O'Neal en Irlande, Mac Angus ou Fitzgerald en Ecosse, Fernandez en Espagne, Fernandes au Portugal, Ben Ali ou Ibn Saïd dans les pays arabes, De Angelis, Di Marco ou Martini en Italie, Angelopoulos en Grèce, Karlovic dans les Balkans, Ivanov, Ivanovitch en Russie, Davydenko en Ukraine, Horowicz en Pologne, Andersen au Danemark... On notera la spécificité islandaise d'utilisation du suffixe "döttir" signifiant "fille de" à la base de nombreux noms de famille dont celui de l'ancienne présidente Finnbogadottir.

On observera ici une spécificité du centre de la France, en particulier dans le Berry et régions limitrophes de la Creuse et de l'Allier, de patronymes formés avec la persistance d'une référence d'appartenance "le fils à" "la fille à" et ce, utilisé dans les différentes catégories (Ageorges, Amathieu, Alamartine, mais aussi Alamamie, Aufrère, Alanièce, Augros, Aupetit, Auprince, etc.) avec variations fréquentes dans les actes, avec ou sans reprise de la première partie du patronyme.

Les plus fréquents sont les noms germaniques (90 % des noms donnés aux IXème siècle). Certains sont demeurés des prénoms (Bernard, Guillaume, Thibault, Louis, etc.), d'autres ne subsistent plus que sous forme de patronymes (Aubert, Garnier, Roubaud, Seguin, etc.).

Le succès des patronymes d'origine biblique est inhérent à la popularité des saints (Thomas, Jean, Mathieu, Pierre, David, Gabriel, etc.)

Les noms d'origine latine : Antoine (Antonius), Hilaire (Hilarius), Honoré (Honoratus), ou grecque : Georges (Geôrgos), André (Andreas), Christophe (Khristophoros), sont également représentés.

On mentionnera enfin les anciens noms de baptême bretons devenus noms de famille (Arthur, Malo, Yvon, Tugdual, etc.)

Hypocoristiques

Les noms formés pouvaient par la suite subir des variations, telles les formes Guillaumot, Guillaumin découlant de Guillaume, ou encore par combinaison d'un adjectif : Grosjean, Petitjeannot.... On parlera ici d'hypocoristiques.

Spécificités géographiques

Les évolutions géographiques étaient diverses : les Willibald, Wilhelm, Walthari germaniques ont subi une évolution plus modérée dans le nord de la France et la Belgique, où l'on trouve les formes Wilbaut, Vuillaume, Willemin, Wautier, devenues Guilbaud, Guillaume, Gaultier plus au sud.

Noms d'origine géographique

Les "topo-patronymes" reflétent une origine "géographique".

Nom d'origine géographiqueOn distinguera ici les noms indiquant une région, une ville, un village ou hameau (Lallemand, Lombard, Picard, Limousin, Marseille, de la Berthonière, etc.) - d'autant plus intéressant pour le généalogiste que le lieu sera rare, voire unique - des noms de simple "voisinage" désignant au sein d'une communauté villageoise le lieu d'habitation de la famille (Delalande, Dujardin, Dupré, Dupuis, Dupont, Duval, Rivière, etc.), de faible intérêt pour la recherche des origines géographiques familiales.

Spécificité basque

La racine -etche, signifiant maison, généralement accolée d'un qualificatif (grande, neuve, haute, blanche...) a fourni les nombreux Etchegaray, Etchepare, Etcheberry, Etcheverry, etc. ; il en va de même des racines -orube ou -jauregui (le manoir), -behere ou -huri (le domaine).
Le rôle de la "maison d'origine" est à ce point prééminent, qu' un homme qui reprenait la ferme de ses beaux-parents pouvait ajouter à son nom propre, voire prendre exclusivement le nom de ses beaux-parents et donc celui de la "maison", transmis ensuite à ses enfants. Cette tradition a perduré jusqu'au XIXème siècle.

Conseils aux généalogistes

L'orthographe d'un lieu-dit étant soumise à variations permanentes (du Coudray, Coudray, Ducoudray), ne pas tomber dans le piège tendu de la pseudo particule qui vous ferait supposer une origine noble !

De même, Romain, étant issu d'un nom de baptême, vos ancêtres ne seront pas à rechercher dans la ville éternelle. Quant à vos ancêtres Gallois, ils vous mèneront en droite ligne à l'ancien français "Galois" qui signifiait gai et jovial. Debeauvais qualifiera probablement une famille originaire d'un lieu-dit "Beauvais" de votre zone de recherche. Pour finir, certaines familles juives ont adopté en 1808 un nom de ville sans que cela ait un quelconque rapport avec leur origine géographique (Lyon, Caen, Besançon, etc.).

Noms issus de métiers

Ils témoignent du métier du premier porteur du patronyme (Charbonnier, Meunier, Boulanger, Rateau, Lepic, etc.). Leur fréquence rappellera l'importance de nombreux métiers et outils, aujourd'hui disparus, au sein des communautés villageoises d'antan.

Noms de famille issus de métiersC'est la catégorie par excellence permettant de dater la fixation du caratère héréditaire d'un patronyme. Un Jean Pottier, chapelier ou forgeron, porte à l'évidence, non plus un surnom individuel lié à sa profession, mais bien un "patronyme", surnom d'un ancêtre transmis désormais de manière héréditaire. L'étude de ce type de surnoms fixe les débuts de leur transmission héréditaire, en France, aux XIIème et XIIIème siècles.

Ce type de noms se prête également à des comparaisons par pays, mais aussi par régions, où ils prenaient la forme usitée dans le patois local. C'est le forgeron, autrefois personnage éminent de la communauté, qui a donné naissance au plus grand nombre de noms de famille distincts (Lefebvre, le Goff, Maréchal, Smith, Schmidt, Kovac, Herrero, Fabri, etc.)

Attention : ne pas négliger l'hypothèse selon laquelle un nom de métier peut également avoir été attribué, non en raison d'une profession réellement exercée, mais du caractère de la personne [qui n'a pas entendu un proche lui parler d'un "vrai boucher" pour qualifier en réalité son dentiste ou un chirurgien ?].

Noms issus de sobriquets

Certains reflètent une particularité physique de l'ancêtre initial (Petit, Legrand, Leroux, Leblond, Legros, leborgne, etc.). Petit, le plus fréquent de cette catégorie, occupe actuellement le 3ème rang des patronymes les plus répandus en France. Le doute peut subsister quant à savoir s'ils reflètent à l'origine toujours une particularité réelle, ou ont été au contraire attribués par raillerie (Lepetit à quelqu'un de grande taille par exemple).

D'autres évoquent qualités et défauts aux yeux des proches qui l'attribuent (Gentil, Lebon, Hardy, Lesage, Leguay, etc.) ; les Leduc ou Lecomte, prenaient peut-être des allures de seigneurs ; on trouvait les "bons" et les "mauvais" : à côté des Bonfils et Bonjean, certains patronymes s'avèrent logiquement moins flatteurs (Maugendre, Mauchien, Mauchaussé...) [on notera par exemple une sentence du XVème siècle rendue au siège royal d'Issoudun (Indre) contre jean Guillebault dit "maumysert", pour forcer celui ci à payer une rente qu'il devait sur une pièce de terre ; surnom bien adapté, puisqu'en vieux français "Malmesert, Maumissert, Maumysert" était "celui qui mal me sert" un nom donné à de mauvais domestiques ]].

D'autres enfin soulignent un lien de parenté particulier (Cousin, Neveu, Gendre, Laîné, Lejeune...). Laîné et Lejeune reflètent le rang de naissance dans la fratrie, Besson qualifiait un "jumeau".

Nos ancêtres ont souvent usé de la métaphore animale pour traduire, au gré de l'imaginaire de l'époque, les particularités et petits travers de leurs voisins (Leloup, Goupil ou Renard, Lecocq, Lechien, Lelièvre, etc.). On se gardera là aussi de projeter une interprétation par trop contemporaine de ces patronymes.

De même, attention aux interprétations erronées : la signification d'un nom formé il y a près de mille ans, n'est peut-être pas la même aujourd'hui ! Le Filoux, comme Filloux, est d'origine germanique (Fil - Wulf) ; le Payen était lui un paysan fraîchement débarqué en ville et non un réfractaire à la religion. A l'inverse, un Crétin ne sera qu'un parfait "Chrétien", converti en patois local !

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Matronymes

Un certain nombre de noms ont été formés en référence à une femme : Marie, Catherinot, Larousse, Labrune, Lanièce, Lamamie Lapetite, Labergère, etc., possible référence à une femme veuve, ou mère célibataire.

On notera l'habitude, attestée par les registres dans certaines régions, de féminiser le patronyme des femmes ou filles (Bergère au lieu de Berger, Boudelle au lieu de Boudeau, etc.)

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Cas particuliers

Créations plus récentes

  • Les noms de certaines familles nobles
  • Les noms "doubles" de certaines familles bourgeoises
    Certaines familles bourgeoises ayant réussi ne résistaient pas à l'envie de se distinguer du menu peuple. La création de noms "doubles" permettait d'afficher cette différence. Ces noms pouvaient être créés par l'adjonction du nom d'une propriété terrienne, voire en pérennisant une alliance par la conservation des deux noms accolés.
    Aux "mariages de raison" faisaient écho les "adoptions de raison". L'émergence de noms doubles résultant alors de l'adoption d'un neveu ou petit-neveu, permettant ultérieurement, en l'absence d'héritiers directs, de réduire notablement les frais de succession.
    On évoquera également le choix de certaines familles de se distinguer par la référence à un "ancêtre de marque" en adoptant son identité complète comme nom de famille ; d'où les Pierre-Brossolette et autres François-Poncet.
  • Les noms "doubles" de certaines régions de montagne
    Phénomène connu ailleurs, mais particulièrement présent dans certaines régions de montagne, où forte endogamie et faible mobilité des habitants ont nécessité l'ajout d'un nouveau surnom pour distinguer les branches des nombreuses familles homonymes (Servoz-Gavin, Rossat-Mignod, etc.).

Créations sous influence de la législation

  • Les noms des Antilles et de Guyane
    Les esclaves, rebaptisés à leur arrivée, ne portaient qu'un prénom, complété par un surnom en cas d'homonymie. En 1836, une ordonnance de Louis-Philippe impose l'enregistrement d'un prénom et d'un nom pour tout affranchi.
    Le 27 avril 1848, le vote du décret sur l'abolition de l'esclavage est à l'origine d'une attribution systématique de noms de famille.
    La plupart adoptent alors leur surnom comme nom patronymique (Louis, Guillaume, Laurent, Jean-Baptiste, Joseph, Césaire, Arsène, etc.). La mère étant souvent la seule ascendance connue, de nombreux patronymes seront de forme féminine. En Martinique, émergent quantité de noms composés (Sainte-Rose, Jean-Joseph, Jean-Baptiste, etc.). On notera sans les citer de nombreux diminutifs et sobriquets, voire anagrammes (Nomis, Divad, etc.).
    Pour les esclaves n'ayant pas de surnom, libre cours est donné à la fantaisie, voire à l'arbitraire des officiers d'état civil, qui ont puisé dans les domaines les plus divers (mythologie, Bible, histoire de France, littérature, géographie, règne animal, végétal ou minéral).
    En Guyane, un système plus étalé dans le temps est à l'origine de la création de nouveaux noms permettant l'enregistrement des indiens et autres populations locales. C'est majoritairement le prénom du père qui a fait office de nom de famille.
  • Les noms des familles juives
    Jusqu'à la Révolution, les familles juives n'avaient pas nécessairement de patronyme fixe. C'est un décret impérial de 1808 qui les oblige à choisir un nom de famille fixe, transmis à leur descendance. Il était par ailleurs possible de déclarer un nom différent de celui éventuellement porté auparavant. La plupart des noms choisis feront référence à des personnages de la Bible, aux douze tribus d'Israël ou aux villes de résidence des familles.
    Remarque
    : nombre de ces patronymes pouvant être portés par des familles non juives, parler de "noms juifs" ne correspond à aucune réalité.
  • Les noms des enfants trouvés
    L'attribution d'un nom rendue nécessaire par la création de l'état civil en 1792, libre cours est là aussi laissé aux officiers de l'enregistrement : noms patriotiques, noms issus de dictionnaires, témoignant souvent des conditions de leur découverte (Trouvé, Février, Corbeille, etc.), une fille trouvée au mois de juin âgée d'environ un mois, donc née en Mai "mois de Marie" sera ainsi nommée Marie Juin !
  • Les patronymes issus de changements de nom
    On mentionnera simplement la loi du 11 germinal an XI, selon laquelle une demande "motivée" pouvait être adressée au gouvernement !
  • Les patronymes créés par francisation

Indépendamment d'une quelconque législation, c'est l'usage qui entraîne en Europe de l'Ouest, vers le XIIème siècle, l'apparition de surnoms, devenus nos futurs noms de famille.

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