Comprendre la généalogie

Les noms comme outils de recherche

Les patronymes permettront aux généalogistes d'ouvrir des pistes de recherche intéressantes.

Diversité régionale

Entre le latin devenu langue des érudits et le français qui n'était pas encore langue officielle, la diversité linguistique (breton, basque, catalan, occitan, langues germaniques, etc.) a présidé au développement d'innombrables variantes régionales d'un même surnom.

Pour le généalogiste, les noms de famille peuvent ainsi devenir de précieux indices : formés dans des dialectes locaux, ils peuvent permettre de cerner le berceau géographique d'origine de la famille. On pourra par exemple faire appel à une carte de répartition des porteurs actuels du patronyme.

Variantes orthographiques

Nom de famille et variantesL'orthographe des patronymes s'est figée très tardivement, vers 1877 en France avec l'apparition du livret de famille. On s'assurera donc toujours d'avoir bien déterminé la forme ancienne d'un nom avant d'en rechercher la signification ! Une personne venue d'ailleurs pouvait voir l'orthographe de son patronyme évoluer pour prendre la forme d'un patronyme, lui bien implanté dans le village d'installation, voire être complètement modifiée par assimilation phonétique au dialecte local.

Initiales, préfixes et suffixes

Certaines initiales rares trahissent une origine régionale spécifique: U la Bretagne ou le Pays Basque, K [à l'exception du Ker breton], W et Z, les régions et pays de langue germanique.

Certaines prononciations locales ont transformé les mots : les ch- transformés en Normandie-Picardie en c- ou qu- (Caron au lieu de Charon, Carpentier au lieu de Charpentier)

Les principaux préfixes permettant de localiser l'origine d'un nom sont : Ab- (breton), Casa- (catalan), Caza- ou Caze- (occitan), Etche- (basque), Ker- (breton), Le (article précédant le nom, généralisé en Bretagne), Le- (moitié nord de la France, wallon), Ser- (belge), Van (flamand), Ver- (belge).

Les principaux suffixes permettant de localiser l'origine d'un nom sont : -ac (Limousin, Auvergne, Gironde), -aert (Nord), -az (Savoie) -behere (basque), -eau (ouest, centre-ouest de la France), -eeuw (entre nord de la France et frontière flamande), -ec (Bretagne), -echon (Picardie), -ena (basque), -enc (Midi), -eta (basque), -ez (Picardie, Nord-Pas-de-Calais), -goyen (basque) -i (Corse, Italie), -ic (Bretagne), -ing (Alsace), -lein (Alsace), -li (Suisse alémanique), -od (Franche-Comté), -ouf (Cotentin), -oz (Savoie, Suisse romande), -uc (Gascogne), -tegui (basque), etc.

Frontières linguistiques

On rencontrera ces particularités lorsqu'une famille est implantée sur une "frontière" linguistique. En Alsace et en Lorraine, un même individu pouvait être Marchand, Petit, Leblanc ou respectivement Kaufmann, Klein ou Weiss dans leurs traductions allemandes. De même en Belgique où pouvaient se rencontrer les versions Flamande et Wallonne d'un même patronyme !

Autres difficultés linguistiques

Il est possible que la même orthographie d'un patronyme renvoie néanmoins à des origines complètement différentes : le patronyme Bach présent dans l'est de la France y dérive alors du vieil allemand baki (ruisseau) et caractérisait à priori une famille vivant près d'un cours d'eau ; pour un Bach ou Bache catalan, la référence est le terme occitan baïsha (prononciation entre "bache" et "bacho"), signifiant "bas-fond" ou "fond de vallée", qui traduira la localisation d'une famille "dans une vallée". Ceci étant, rien ne prouve à priori qu'une famille de ce nom implantée à Perpignan n'était pas venue d'Alsace 3 ou 4 générations plus tôt !

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