Comprendre la généalogie

La formation des noms de famille

De l'Antiquité au Moyen Âge

Formation du nom de famille - Caius Julius CaesarTranchant avec le système du nom unique des civilisations précédentes, les romains portaient l'équivalent de notre prénom, suivi du gentilice (nom du groupe familial ou d'un ancêtre mythique) auxquels se joindra ultérieurement le cognomen (nom de famille), d'où : "Caius Julius Caesar".
Un élément supplémentaire, surnom lié aux hauts faits ou à une caractéristique remarquable d'un individu s'y ajoutait parfois à l'âge adulte.

Ce système latin disparaît sous la double influence des invasions germaniques et de l'essor du christianisme.
Sur un plan religieux, les nouveaux convertis reçoivent un nom de baptême unique censé avant tout "briser les liens avec le passé".

Les Francs, fidèles au système des noms germaniques, portaient un nom unique composé, en règle générale, à partir de deux éléments, porteurs d'une certaine symbolique : "Theud" (peuple) et "Bald" (audacieux) forment Theudbald, origine de Thibaud, "Will" (volonté) et "Helm" (casque) forment Willehelm, futur Guillaume. Une tendance "dynastique" marquée par la recombinaison préférentielle, d'une génération à l'autre d'une même famille, de certains éléments, permettra aux historiens futurs de travailler à la reconstitution des "lignages" de cette période.

Reproduisant la mode qui avait fait prendre aux Gaulois des noms romains, les Gallo-Romains attribuent à leurs enfants des noms importés par les francs. Au IXème siècle, dans la moitié nord de la France, la quasi-totalité des noms de baptême sont germaniques.
Conséquence : porter un patronyme d'origine germanique, ne fera pas de vous le descendant d'un roi franc !

Les surnoms comme noms de famille

Depuis le IIIème siècle, chacun ne porte plus désormais qu'un seul nom : son nom de baptême. Cependant, la langue germanique n'a pas le succès des noms germaniques, dont la capacité d'évolution stagne ; la variété de noms diminue et l'église favorise les noms de saints les plus prisés.
En raison d'une forte poussée démographique, l'ajout d'un surnom va s'imposer à partir du Xème siècle, afin de distinguer les nombreux homonymes d'un même village. A l'instar des nobles qui ajoutaient à leur nom de baptême celui de leur fief, ce surnom va progressivement devenir "nom de famille".

Attention : ce processus de "fixation" ne s'est pas fait du jour au lendemain. Les documents qui nous sont parvenus montrent bien qu'il n'était pas rare que le surnom attribué à un même personnage varie et soit alternativement lié à son lieu d'origine, à sa profession ou à une autre caractéristique, sans préjuger de celui qui allait finalement s'affirmer comme "nom héréditaire".

En France et dans les pays francophones d'Europe, la plupart des noms de famille sont apparus entre les IXème et XIIème siècles, a priori fixés au XIIIème siècle, avec des nuances selon les régions, à l'exemple de la Corse où ils ne se sont structurés qu'au XVIème siècle, la phase de fixation durant jusqu'au XVIIIème siècle.

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