Comprendre la généalogie

Les données fournies par l'inventaire après décès

Les richesses des inventaires demeurent souvent méconnues des généalogistes, concentrés, dans un premier temps, sur les registres paroissiaux et d'état civil.

Ils s'avèrent pourtant un outil incontournable pour celui qui souhaite témoigner du quotidien de ses ancêtres.
Outre la présence de signatures, toujours émouvantes, un inventaire fait revivre les personnes dans leur cadre de vie, évoque les menus objets de leur quotidien. La minutie des descriptions pourra même certaines fois permettre d'envisager des reproductions très "visuelles" des lieux d'habitations, sous forme de dessins, voire de maquettes !

Les lieux

  • La pièce principale – souvent pièce unique, en communication directe avec l'étable – avait tous les honneurs : centre de vie familiale par excellence, où l'on imaginera ses ancêtres prendre leurs repas, recevoir leurs hôtes, marchander, négocier les dots, passer de longues veillées d'hiver consacrées à divers travaux domestiques
  • Les dépendances, avec leur spécificité (grenier, cave, cellier, grange, atelier, remises, écurie, étable, etc.).
  • La cour et le jardin.

Attention: pour les plus aisés, la procédure d'inventaire sera étendue aux différents domaines possédés !

Les meubles et objets

Le notaire décrit en détail le mobilier, ouvre les coffres, précise l'état des objets inventoriés, dont la valeur est finalement estimée, individuellement, ou par lots plus ou moins hétéroclites.
A savoir: certains objets présentés ne devant pas être compris dans l'inventaire seront répertoriés avec les mentions "pour ordre" ou "pour mémoire".

  • Objets en état ou usagés, tout pouvait avoir une valeur : le mauvais dressoir, la mauvaise table, la vieille faux…

Attention: gardez à l'esprit que le rédacteur utilisera logiquement des termes d'époque, voire des dénominations spécifiquement "locales", distinguant "mouchoirs de poche" et mouchoirs de cou", sans oublier les "paillons" (corbeilles en paille ou en osier), ni les "plainties" (couettes), partie intégrante de la literie. Le "chalit" (bois de lit) sera fréquemment équipé de colonnes et de tringles (on parlera de "lit à quenouilles"), destinées à supporter un ciel de lit et permettant de le fermer de rideaux, ce qui dévoile d'un coup deux impératifs :

  • se protéger du froid
  • permettre un minimum d'intimité, dans des pièces où dormaient souvent plusieurs couples

⇒ il sera quasiment incontournable de se référer aux ouvrages et glossaires explicitant le dialecte de la région concernée, ne serait-ce que pour distinguer les étoffes (baracan, droguet, etc.), ou les outils divers et variés utilisés dans les nombreux petits métiers du passé

Vie au quotidien, statut social et niveau de fortune

Les éléments fournis renseignent sur :

  • le quotidien (outils spécifiques aux professions exercées, animaux, type de cultures, etc.) et le niveau d'instruction (livres, etc.)
    ⇒ certains actes inventoriés (baux, ventes, etc.) témoignent de l'activité économique de vos ancêtres
    ⇒ certaines dettes, comprises au titre des "déclarations", permettent de mieux appréhender la vie au jour le jour (activités, personnages cotoyés et périmètre habituel des déplacements alentours), ainsi les sommes dues :
    • "pour ouvrages de leur état" au maréchal-ferrand, au bourrelier, au cordier, etc. [on cite généralement leur lieu de domicile]
    • pour l'achat de chevaux, viande de boucherie, farine, foin, avoine, marchandises diverses
    • à des domestiques, pour gages des années précédentes
    • à des saisonniers "pour travaux de la dernière moisson"
  • la position sociale et la situation pécuniaire (valeur et type des biens, étendue des terres cultivées, importance du cheptel, longueur et durée de l'inventaire)
    ⇒ face au mobilier cossu et aux objets précieux des nobles et bourgeois, les inventaires ruraux s'avèrent plus modestes : literie, linge de maison, vêtements, mobilier réduit à un minimum (coffres, tables, chaises, dressoirs pour la vaisselle)
    ⇒ indices révélateurs:
    • diversité des étoffes pour les vêtements
    • état des meubles: sont-ils en bois de chêne, en bois fruitier, en bois blanc, équipés ou non de serrures ?
    • la literie est-elle plutôt élaborée, ou limitée à de simples paillasses ?
    • découvre-t-on ça et là un livre ou un miroir ?
    • les réserves de grains sont-elles abondantes ?

      attention: les données rencontrées restent à analyser avec discernement :
    • elles ne reflètent à priori que la situation de fortune à un moment donné
      ⇒ si l'on veut saisir une évolution, certains papiers des défunts se révèleront plus parlants en documentant quelques moments clés de leur activité économique (quittances, actes de ventes et d'achats, procès, etc.)
    • inutile de convertir en monnaie actuelle: les évaluations chiffrées n'auront de sens qu'en compararaison avec d'autres inventaires de la même période, retrouvés pour des parents ou voisins. Vous ne pourrez faire revivre vos ancêtres que dans "leur univers"
      ⇒ prenez plutôt comme références le salaire journalier et le prix des denrées de l'époque.

Conseil: au plan local, ou pour comparer avec d'autres régions, reportez-vous à des études spécialisées ou travaux d'historiens

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