Témoignages d'acteurs du monde de la généalogie, et d'utilisateurs du logiciel Heredis

Le Dr Michel Guigal : La généalogie par le président de la SAGA.

Propos recueillis par la rédaction, le 22 avril 2006
Merci de bien vouloir nous accorder cette interview destinée aux abonnés de la Lettre Heredis.

Tout d’abord pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre association, la SAGA ? Que signifie cet acronyme ?

Michel Guigal

Présenter la SAGA en quelques mots est une gageure. Comme toute association, elle est multiforme et son histoire est déjà longue.

Quand la SAGA a-t-elle été créée et par qui ? Quelle est son organisation ? Combien compte-elle d’adhérents ?
Elle a été créée au cours d’une réunion impromptue à mon initiative aux Archives Départementales de l’Ardèche le 27 septembre 1989. Dix sept ans bientôt ! Nous étions bien peu nombreux ce jour-là. Seuls quelques habitués de la salle de lecture avaient accepté de se rendre à notre invitation et voyaient mal l’intérêt de regrouper en association les quelques rares originaux qui dépouillaient en salle de lecture des grimoires poussiéreux pour y rencontrer leurs ancêtres. « Laissez les dormir en paix » ironisaient les quelques thésards qui nous côtoyaient alors.

Il fallait choisir un nom à la nouvelle formation « Société des Amateurs de Généalogie de l’Ardèche » sonnait bien et surtout formait un sigle significatif qui nous plût : La SAGA était née. Elle compte aujourd’hui près de 1700 adhérents en France et dans le monde. Ils n’ont entre eux qu’un point commun : leurs ancêtres sont issus du pays « bédot ». Les ardéchois d’antan désignaient ainsi leur petite patrie dont la partie nord est effilée en forme de bec et constitue la partie la plus septentrionale du pays d’Oc : le « bec d’Oc » ou « bédot » en patois local.

Quelles étaient les motivations des fondateurs et à quels besoins pensaient-ils répondre ?
Deux objectifs majeurs furent immédiatement définis et figurent dans les statuts de l’association :
1°- Créer un climat d’entraide et de partage des expériences et des résultats entre les membres
2°- Participer à la protection du patrimoine précieux que constituent les documents d’archives qui racontent l’histoire des familles. Le développement de la généalogie d’amateur a rendu plus aigu encore ce souci en multipliant à l’infini les consultations des registres anciens au risque de les voir, à terme, disparaître. Malgré le relais offert par le microfilm consultable aux Archives, les collections municipales sont, dans les mairies, encore très sollicitées.

Aujourd’hui comment pourriez-vous définir les grandes entreprises menées par la SAGA ?
Dès les premiers pas de l’association, celle-ci eut la chance de bénéficier de la sympathie agissante de Monsieur DUPRAZ, directeur des Archives Départementales et cette mansuétude ne s’est jamais démentie. C’est ce qui nous permit de mener à bien une entreprise que beaucoup d’entre nous considéraient comme utopique : la reproduction intégrale par photocopie des registres paroissiaux existants. Un par un, page par page, les 2.000 registres des 355 paroisses de l’Ardèche furent reconstitués, paginés, reliés, dotés de tables alphabétiques. C’est ainsi que naquit le premier service de prêt de registres paroissiaux à domicile de France, à destination de nos adhérents lointains. Depuis la technologie nous a permis de compléter notre action par la numérisation de ces centaines de milliers de pages. Ce dernier travail a été récemment mis en ligne sur le site du Conseil Général de l’Ardèche et les actes contenus dans nos registres peuvent être consultés gratuitement par tous les internautes (www.ardeche.fr). La recherche sur cette vaste base est facilitée par la mise en ligne des tables alphabétiques que nous avons réalisées.

A votre avis, quelles sont les attentes des adhérents d’une association de généalogie ?
Comme c’est le cas de toute association, c’est la participation de chaque adhérent qui fait la vitalité du groupe. La plupart de nos adhérents ont participé peu ou prou à tous nos travaux collectifs. Ce sont sans doute plusieurs centaines d’ordinateurs qui ont été utilisés par leur propriétaire pour saisir des tables alphabétiques, numériser les actes, graver des CD-ROMs, etc…. En contrepartie, toute l’énergie de l’association doit être consacrée à l’assistance aux membres et en priorité à ceux pour qui le déplacement vers les sources d’archives est difficile voire impossible. L’entraide et les échanges entre les membres sont aussi la préoccupation constante de nos équipes d’animation.

Quel avenir voyez-vous pour les associations de généalogie ? Comment la pratique de la généalogie va-t-elle évoluer ?
L’avènement de l’informatique est bien sûr un facteur favorisant de la diffusion de la formation et de l’information généalogique. Mais la moyenne d’âge des passionnés de généalogie est élevée et certains de ceux-ci n’ont pas accès à l’outil informatique. Il convient donc de ne pas les oublier. Notre service de prêt de registres paroissiaux reliés est loin d’être en perte de vitesse. Il expédie chaque semaine jusqu’à cent registres reliés aux quatre coins de l’hexagone, voire à l’étranger.
Mais l’avenir de la généalogie est dans le développement et la diffusion de l’informatique tant dans le domaine de l’acquisition de l’information que dans celui de son traitement. Les plus anciens amateurs dont je suis, se souviennent de l’époque héroïque des fiches de bristol que l’on classait méthodiquement dans des boites à chaussures. Cette époque est révolue et le demeurera.

On connaît votre rôle déterminant dans la création du logiciel Heredis, aujourd’hui qu’attend-on d’un logiciel de généalogie ?
Je suis particulièrement fier d’avoir modestement participé à la naissance du logiciel HEREDIS en rédigeant, fort de mes essais décevants de disquettes « démo » des premiers logiciels diffusés, une sorte de cahier des charges du logiciel idéal. Sylvette et Bernard DAVID, mes nièce et neveu, ont fait du chemin depuis et HEREDIS avec eux…. Le taux de diffusion de ce logiciel répond à votre question concernant ce qu’on attend d’un logiciel de généalogie : la convivialité, le caractère « intuitif », l’automatisation des saisies et des transferts de données, toutes fonctions où HEREDIS excelle.

Un président d’association de généalogie a-t-il du temps à consacrer à ses recherches ? Quand les avez-vous commencées et qu’avez-vous découvert ?
Je n’hésite pas à répondre à votre dernière question. Je n’ai plus de temps à consacrer à ma propre recherche depuis de longues années. Et je constate que la détermination de nos adhérents à poursuivre le travail entrepris ne faiblit pas. Nous consacrons actuellement nos efforts à la constitution de tables alphabétiques des actes contenus dans les kilomètres linéaires de rayonnage qu’occupent aux Archives de l’Ardèche les registres de notaires. Je ne suis pas à la veille de pouvoir bénéficier de loisirs à consacrer à ma recherche. Mais je pense que je dois laisser à mes arrières petits-enfants quelques coins obscurs de leur généalogie à explorer…

La rédaction tient à remercier le Dr Guigal d'avoir pris le temps de répondre à nos questions.

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